Modeste Bahati Lukwebo ne peut pas continuer à jouer sur deux tableaux. S’il n’est pas d’accord avec la dynamique portée par l’Union sacrée de la Nation en faveur d’un changement constitutionnel, il est libre et même moralement tenu de démissionner de son poste au présidium de cette plateforme ainsi que de sa fonction de vice-président du Sénat.
On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre.
On ne peut pas appartenir à une majorité, bénéficier de ses avantages politiques et institutionnels, tout en contestant sa ligne stratégique lorsqu’il s’agit d’un enjeu majeur.
Sa duplicité de langage et d’attitude politique est désormais connue. Il est temps pour lui d’assumer clairement son positionnement. S’il choisit l’opposition, qu’il la rejoigne ouvertement et qu’il nous regarde en face.
Les Congolais ne sont pas naïfs.
Qui ignorait son projet, après la chute de Goma et de Bukavu, de quitter Kinshasa pour rejoindre la rébellion, pensant que le pouvoir du Président Félix Tshisekedi était prêt à tomber ? Qui ne sait pas que certaines ambitions personnelles peuvent pousser des responsables politiques à des alliances contre nature ?
Les populations de l’Est du pays en particulier celles des villes martyrs citées plus haut n’oublient pas. Elles l’attendent au tournant. L’histoire finit toujours par rattraper ceux qui jouent avec le destin de la Nation.
Rappelons que lorsque Christophe Mboso, alors président de l’Assemblée nationale, avait appelé les députés et responsables politiques de l’Est à quitter les groupes armés et à cesser toute ambiguïté, beaucoup avaient compris à qui s’adressait cet avertissement solennel. Ceux qui se dissimulent encore aujourd’hui finiront, eux aussi, par se dévoiler.
À l’approche des grands enjeux parlementaires, tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale, certains cherchent des alibis politiques pour se repositionner. Ce calcul est visible.
Pendant ce temps, Corneille Nangaa et la coalition rebelle M23-AFC , affaiblis et de plus en plus isolés, promettent de révéler la liste de leurs soutiens. Ils ne veulent pas porter seuls le poids de leurs trahison et responsabilités. Ceux qui ont pactisé dans l’ombre doivent savoir que la vérité finit toujours par éclater.
Notre pays traverse une période critique. Ce n’est pas l’heure des calculs personnels ni des ambiguïtés stratégiques. C’est l’heure de la clarté, de la loyauté et du courage politique.
L’histoire jugera chacun selon ses actes.
La Rédaction ✍️