Dialogue National ASADHO appelle à un dialogue inclusif, sans partage du pouvoir ni impunité‎

L’Association africaine de défense des droits de l’Homme (ASADHO) a pris acte des formalités annoncées par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en vue de l’organisation d’un dialogue pour la paix, la cohésion et la refondation de la nation.

Dans un communiqué publié le 28 août à Kinshasa, l’organisation de défense des droits humains appelle à un processus véritablement inclusif, centré sur les intérêts des citoyens et exempt de toute logique de partage du pouvoir ou d’impunité.

‎L’ASADHO affirme que plusieurs principes évoqués par le chef de l’État lors de son adresse au peuple congolais, le 27 août 2026, rejoignent des positions qu’elle défend depuis sa création en 1991.
‎Au premier rang de ces principes figure la question du partage du pouvoir. Pour l’organisation, le dialogue ne doit pas devenir un cadre de négociations destiné à redistribuer les responsabilités politiques entre différentes forces en présence.
‎« Le pouvoir s’acquiert par les élections et non par des conciliabules politiques », soutient l’ASADHO, qui rappelle également que le président Félix Tshisekedi doit achever son mandat conformément à la Constitution et quitter ses fonctions en 2028.

‎L’organisation insiste également sur la nécessité de placer les citoyens au cœur du processus. Elle considère que l’organisation de dialogues au niveau provincial pourrait permettre une participation plus large de la population aux débats et aux décisions concernant l’avenir du pays.

‎Pour l’ASADHO, la participation citoyenne constitue un élément essentiel de la vitalité démocratique. Elle met toutefois en garde contre toute initiative qui donnerait l’impression d’un dialogue exclusivement dominé par les forces politiques proches du pouvoir. L’organisation demande ainsi que les personnalités critiques du régime, tant au sein de l’opposition politique que de la société civile, soient associées au processus.
« On doit éviter que le dialogue se transforme en un congrès de l’Union sacrée de la Nation », prévient-elle.

‎La question de l’impunité occupe également une place importante dans les préoccupations exprimées par l’organisation de défense des droits humains. L’ASADHO affirme avoir toujours milité pour que les auteurs de crimes graves répondent de leurs actes et estime que le futur dialogue ne devrait pas servir de mécanisme de réhabilitation politique.
‎Elle demande que toutes les personnes ayant commis des crimes graves contre les Congolais soient écartées du processus, quelle que soit leur appartenance politique ou leur position au sein des institutions.

‎L’ASADHO appelle par ailleurs à l’adoption de mesures de confiance pour permettre aux Congolais vivant en exil, en raison de menaces ou d’intimidations qu’elle attribue notamment aux autorités ou aux services de renseignements, de participer au dialogue dans des conditions de sécurité.Elle réclame également la participation, en hommes libres, des personnes détenues en raison de leurs opinions politiques.

Au-delà de l’organisation matérielle du dialogue, l’ASADHO souhaite que les échanges permettent d’aborder sans complaisance les problèmes fondamentaux auxquels le pays est confronté, notamment la mauvaise gouvernance et les causes profondes qui, selon elle, continuent de compromettre l’avenir de la République démocratique du Congo.

‎L’organisation insiste également sur la nécessité de prévoir des mécanismes de suivi et des moyens suffisants pour assurer la mise en œuvre effective des résolutions qui seront issues du dialogue.

‎Dans ses recommandations adressées au président de la République, l’ASADHO demande notamment :
‎•la mise en place effective des mesures annoncées pour l’organisation du dialogue,
‎• la garantie de la sécurité de tous les participants et la protection de leur liberté d’expression.

‎Elle appelle également le chef de l’État à veiller à ce que le processus ne soit pas transformé en une tribune politique de l’Union sacrée de la Nation.
‎À la classe politique, l’organisation recommande de privilégier les intérêts du peuple congolais et de placer ceux-ci au centre de l’initiative.
‎La société civile, quant à elle, est appelée à s’organiser afin d’assurer une représentation efficace des organisations tant au niveau national que provincial, tout en conservant son indépendance vis-à-vis des stratégies des acteurs politiques.
‎À travers cette prise de position, l’ASADHO pose ainsi plusieurs conditions qu’elle juge essentielles à la crédibilité du dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi. L’organisation espère que ce processus permettra non seulement de favoriser la paix et la cohésion nationale, mais aussi d’apporter des réponses concrètes aux causes profondes des crises qui affectent la République démocratique du Congo.

‎MT ✍️

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