RDC-RWANDA : L’accord du 04 décembre 2025 à Washington une poudre aux yeux de la RDC.

L’accord de paix signé entre la RDC et Rwanda sous l’égide de Washington, présenté comme une avancée diplomatique majeure pour la stabilité de l’Est de la République démocratique du Congo, a visiblement volé en éclats face à la réalité du terrain. Incapables d’en garantir l’application, les États-Unis apparaissent aujourd’hui comme des parrains impuissants d’un processus qu’ils ont eux-mêmes porté, tandis que les rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda, poursuivent leur progression militaire. Face à cette escalade, Washington a jeté que la poudre à l’espoir du peuple congolais qui rêvais de voir la paix revenir, il se limite à des appels répétés au retrait de l’armée rwandaise du sol congolais, un discours diplomatique devenu routinier et largement inefficace. Pour de nombreux observateurs, ces injonctions sans mesures coercitives ne sont que des redondances sans impact, d’autant plus qu’elles ne s’accompagnent ni de sanctions sévères contre les autorités rwandaises ni de pressions ciblées sur les chefs rebelles du M23. À défaut d’actions fermes et dissuasives, les États-Unis donnent l’image d’une puissance qui joue la politique de l’autruche, laissant planer le doute sur leur réelle volonté de protéger l’accord de paix et, plus grave encore, sur une possible complaisance vis-à-vis des groupes armés qui continuent de déstabiliser l’Est de la RDC.

Conscients de l’échec manifeste à protéger le processus de paix, les États-Unis, à travers des déclarations attribuées à l’administration de Donald Trump, semblent aujourd’hui adopter ce que plusieurs analystes qualifient de « l’opprobre sur la RDC » face à la dégradation accélérée de la situation sécuritaire. Washington se contente d’appels au retrait des troupes rwandaises du sol congolais, un langage diplomatique déjà entendu à maintes reprises, sans jamais produire d’effets dissuasifs concrets.

Or, pour de nombreux observateurs congolais, ces appels répétés au retrait des Forces rwandaises de défense (RDF) relèvent davantage de la rhétorique que d’une véritable volonté de contraindre Kigali. En l’absence de sanctions fermes et ciblées contre les autorités rwandaises et les chefs rebelles du M23, ces déclarations apparaissent comme des redondances inutiles, incapables d’inverser le cours des événements. Pire encore, ce manque de rigueur nourrit le soupçon selon lequel certaines puissances occidentales pourraient, directement ou indirectement, tolérer, voire encourager, l’action de groupes armés dans l’Est congolais.

C’est dans ce contexte explosif que les États-Unis d’Amérique, aux côtés de plusieurs pays européens, ont exhorté, mardi 9 décembre, le mouvement rebelle M23/AFC et les forces rwandaises à cesser immédiatement leurs offensives dans l’Est de la RDC. Cet appel figure dans un communiqué conjoint signé par l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les États-Unis, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et l’Union européenne, réunis au sein du Groupe de contact pour la région des Grands Lacs (ICG).

MT ✍️

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