La situation des journalistes et défenseurs des droits humains se dégrade dangereusement dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) a publié lundi 24 novembre un rapport qui alerte sur une hausse marquée des violations dans les zones en conflit.
Selon ce document, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont les plus touchées par cette détérioration.
La progression des rebelles de l’AFC/M23 y entraîne une multiplication d’actes ciblés contre les acteurs engagés dans la défense des droits humains.
Harcèlement, intimidations et menaces deviennent des pratiques courantes.
Le rapport évoque aussi un rétrécissement continu de l’espace civique dans ces régions.
Le BCNUDH signale une recrudescence préoccupante des discours de haine.
L’ONU rapporte au moins 12 allégations documentées ces derniers mois.
Cinq de ces cas dépassent le seuil de Rabat en matière d’incitation à la violence, à l’hostilité ou à la discrimination.
Ces discours visent particulièrement les communautés Tutsi et Banyamulenge.
Les auteurs les accusent d’être des alliés présumés de l’AFC/M23, alimentant les tensions communautaires.
L’agence onusienne recense 62 violations liées aux libertés publiques entre janvier et juin.
Ces violations comprennent des arrestations arbitraires, des atteintes à la liberté d’expression et la répression de certaines activités citoyennes.
Dans plusieurs localités, les libertés fondamentales sont gravement compromises en raison de l’insécurité croissante.
À Goma et Bukavu, les journalistes subissent une pression inédite.
Les rebelles de l’AFC/M23 imposent un climat de peur qui réduit au silence plusieurs professionnels des médias.
Certains journalistes ont suspendu leurs activités.
D’autres ont dû fuir leur zone de travail pour échapper aux représailles.
Le BCNUDH appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des défenseurs des droits humains.
L’agence exhorte également les partenaires internationaux et les acteurs locaux à soutenir ces efforts.
L’ONU rappelle que la liberté de la presse reste un pilier essentiel de la démocratie.
Elle insiste sur l’urgence de lutter contre les discours de haine pour éviter une escalade aux conséquences dramatiques.
M.T.