RDC : Le patriotisme, un engagement sacré pour la grandeur de la NationTribune de Richard Ilunga Muipatayi(Ministre provincial honoraire, chargé de la Jeunesse,de l’Éveil patriotique et de la Nouvelle Citoyenneté).

Être patriote, c’est aimer son pays. Mais cet amour ne se limite ni aux mots, ni aux slogans, ni aux seuls moments de célébration, qu’il s’agisse des exploits de nos Léopards ou du 30 juin, fête de l’Indépendance. Le patriotisme s’exprime avant tout par des actes concrets : le respect des lois, la protection des biens publics, la solidarité entre citoyens et l’engagement quotidien en faveur du bien commun.

Malgré plus de trois décennies de guerre, de supplices et de calvaires, les populations de l’Est de la République démocratique du Congo, à l’exception d’une minorité négligeable, demeurent profondément attachées à la nation congolaise. Les manifestations observées à Uvira et à Bukavu durant l’occupation rwandaise, au péril de leur vie, en constituent une illustration éloquente et témoignent, à suffisance, du patriotisme des populations.

Être patriote, c’est placer l’intérêt général au-dessus des intérêts personnels, consentir aux sacrifices nécessaires pour l’avenir collectif et contribuer, chacun à son niveau, à la construction d’une nation forte, juste et solidaire. C’est aussi aimer son pays avec lucidité, reconnaître ses faiblesses et œuvrer à leur correction dans un esprit de responsabilité, de discipline et d’excellence.

Le patriotisme véritable n’exclut pas : il rassemble. Il n’attise pas la haine : il renforce l’unité nationale. Il constitue le socle de la responsabilité citoyenne, de la cohésion sociale et de la dignité nationale.
Son contraire, le tribalisme, est un poison pour la République : il divise, affaiblit l’État et met gravement en péril la cohésion nationale.

Ceux qui prennent les armes contre la République et les autorités légalement établies se placent en rupture avec la nation. Ils portent une lourde responsabilité historique et morale et méritent une condamnation ferme de la part de la communauté nationale. On ne trahit ni son peuple ni son pays pour des intérêts personnels et mesquins.

Il est profondément regrettable de constater que certains compatriotes ont choisi la voie des armes, allant jusqu’à comploter avec les ennemis de la République afin de déstabiliser les institutions légalement établies. Les motivations varient : frustrations personnelles, intérêts liés notamment aux carrés miniers, ou encore une soif démesurée de pouvoir, au mépris des lois de la République.

Pourtant, la Constitution de la République démocratique du Congo définit clairement les voies légales et démocratiques d’accès au pouvoir. Le recours à la violence constitue une impasse tragique. Depuis le 27 janvier 2025, date marquée par la chute de Goma et de Bukavu, plus de 13 000 morts ont été documentés par des institutions nationales et internationales. Autant de vies innocentes fauchées par la cupidité et le déficit de patriotisme.

Un an après ces événements, aucun responsable n’a encore véritablement répondu de ces crimes odieux, qu’il s’agisse de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), du M23 ou de l’agresseur rwandais. Au nom du patriotisme et de la justice, la justice congolaise comme la justice internationale doivent dire le droit et sanctionner sévèrement les crimes contre l’humanité perpétrés contre notre pays, particulièrement dans sa partie orientale.

En définitive, comme les fils et filles d’une même maison, nous devons demeurer unis, solidaires et engagés en toutes circonstances.
La patrie est sacrée et demeure au-dessus de toute considération.

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