À Léopoldville actuelle Kinshasa, ce qui devait être une simple réunion politique de l’ABAKO, interdite par l’administration coloniale belge, se transforme en une explosion de colère populaire. Dans un contexte marqué par la montée des revendications indépendantistes et la circulation des idéaux panafricanistes, la tentative d’interdiction de l’assemblée prévue à la YMCA de Kalamu, sous l’autorité du bourgmestre Jean_Tordeur, cristallise un profond malaise. Malgré l’appel au calme de Joseph Kasa_Vubu, la tension devient incontrôlable, nourrie notamment par la frustration populaire consécutive à un match de football perdu par le Victoria_Club face à une équipe liée à la #Sabena.
La jonction entre les supporters mécontents et militants nationalistes fait basculer la capitale dans la révolte. Des émeutes éclatent dans plusieurs quartiers, visant symboles du pouvoir colonial, commerces et missions, tandis que la répression des forces de l’ordre plonge Léopoldville dans quatre jours de violences. Le bilan humain demeure disputé, oscillant entre les chiffres officiels de 49 morts et des estimations bien plus lourdes. Ces événements, désormais commémorés comme la journée des Martyrs, marquent un point de non-retour : moins de dix-huit mois plus tard, le Congo accède à l’indépendance, le 30 juin 1960, avec Joseph Kasa-Vubu à la présidence et Patrice Lumumba comme premier premier ministre.
La Paillotte ✍️