La soutenabilité budgétaire de la République démocratique du Congo se heurte à une contrainte structurelle de plus en plus marquée : la progression rapide de la masse salariale de l’État. Dans sa deuxième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), le Fonds monétaire international identifie cette dynamique comme l’un des principaux facteurs de risque pour l’équilibre des finances publiques à court et moyen terme.
Selon le rapport, la hausse des rémunérations, particulièrement dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice, exerce une pression accrue sur l’exécution budgétaire. Cette évolution intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par des dépenses sécuritaires importantes et des marges fiscales limitées.
Le document relève que la masse salariale a connu une augmentation significative ces dernières années. Cette progression résulte principalement des ajustements salariaux consentis dans les secteurs sociaux, des recrutements et régularisations administratives, ainsi que de la poursuite d’engagements pris antérieurement par les autorités. En 2024 et 2025, ces facteurs ont contribué à des pressions notables sur les dépenses courantes, dépassant les niveaux initialement programmés dans le cadre du programme appuyé par la FEC.
D’après l’institution financière internationale, la masse salariale absorbe désormais une part croissante des ressources budgétaires. Cette rigidité réduit la capacité de l’État à financer d’autres priorités, notamment l’investissement public et certaines dépenses sociales protégées par le programme. Elle complique également l’ajustement budgétaire dans un environnement marqué par la persistance du conflit à l’Est du pays, des besoins humanitaires élevés et une mobilisation des recettes jugée encore insuffisante pour compenser la hausse des charges récurrentes.
La montée de la masse salariale figure explicitement parmi les facteurs expliquant les écarts budgétaires projetés pour 2025 et 2026. Pour 2025, le FMI indique que l’augmentation des rémunérations dans les secteurs sociaux et judiciaires a contribué à l’élargissement du déficit par rapport au cadre initial. Pour 2026, la pression devrait se maintenir, s’ajoutant aux dépenses de sécurité et accentuant les tensions sur le cadre macro-budgétaire.
La Paillotte ✍️