Conseil de sécurité de l’Onu : Washington pointe du doigt Kagame et le rôle du Rwanda dans l’escalade du conflit en RDC

Lors d’une session exceptionnelle du Conseil de sécurité de l’Onu, les États-Unis ont porté des accusations sans précédent contre Kigali, affirmant que le président rwandais Paul Kagame serait directement impliqué dans la planification et l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC. Cette prise de position intervient alors que le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, a repris plusieurs territoires stratégiques, dont la ville d’Uvira, exacerbant la crise humanitaire et sécuritaire dans la région des Grands Lacs. Selon Washington, cette escalade menace de faire échouer l’accord de paix récemment négocié par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali, et risque de provoquer une instabilité régionale majeure, impliquant notamment le Burundi et d’autres pays voisins. Face à cette situation, l’ambassadeur américain auprès de l’Onu, Mike Waltz, a exhorté la communauté internationale à agir rapidement pour contenir le conflit et protéger la souveraineté de la RDC.

« Le Rwanda conduit la région vers une instabilité et une guerre accrues », a déclaré l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, au Conseil de sécurité. « Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour tenir responsables les fauteurs de troubles à la paix. »

Les gains des rebelles rapprochent le conflit de la frontière du Burundi, pays qui déploie des troupes dans l’est du Congo depuis plusieurs années, aggravant les craintes d’une propagation régionale des combats, qui ont déjà fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes depuis janvier.

Intervenant devant le Conseil de sécurité composé de 15 membres, Mike Waltz a ajouté : « Nous appelons le Rwanda à respecter ses engagements et à reconnaître davantage le droit du gouvernement de la République démocratique du Congo de défendre son territoire et son droit souverain d’inviter des forces burundaises sur son territoire. Nous dialoguons avec toutes les parties pour encourager la retenue et éviter toute escalade, y compris en s’abstenant de tout propos hostile à l’encontre des Tutsis. »

Le M23 affirme qu’il combat pour protéger les communautés ethniques tutsies de l’est du Congo. Cette dernière avancée dans l’est riche en minerais survient une semaine après que le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame aient rencontré Donald Trump à Washington et réaffirmé leur engagement envers un accord de paix négocié par les États-Unis.

« Les États-Unis sont profondément préoccupés et extrêmement déçus par la reprise des violences dans l’est de la RDC », a insisté Mike Waltz.

L’ambassadeur américain a également précisé :
: « Kigali a été intimement impliqué dans la planification et l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC, fournissant depuis des années une direction militaire et politique aux forces du M23 et à l’AFC. Les forces de défense rwandaises ont fourni du matériel, un soutien logistique et une formation au M23, tout en combattant aux côtés du M23 en RDC avec environ 5 000 à 7 000 soldats début décembre. »

Cette intervention des États-Unis au Conseil de sécurité met en lumière la gravité de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et la polarisation internationale autour du rôle de Kigali dans le conflit, tout en appelant à un engagement concret de la communauté internationale pour prévenir une escalade régionale.

MT

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