Dans le silence opaque de la nuit dominicale, un incendie d’une férocité quasi apocalyptique a englouti les matériels destinés à la construction du barrage hydroélectrique de Katende. Sous les ténèbres pesantes de Dibaya, sur les rives pourtant paisibles de la Lulua, les équipements jadis porteurs d’espoir ont été réduits à une poussière noire, comme si la destinée elle-même se jouait du progrès.
Les premiers témoins, encore ébranlés, évoquent une fulguration électrique, une sorte de décharge insensée qui aurait, en un instant, déchiré le calme nocturne pour ouvrir la voie aux flammes dévastatrices.
Aucune âme n’a été ravie, certes, mais le désastre matériel, d’une ampleur presque cataclysmique, menace de condamner un projet déjà trop longtemps martyrisé par les lenteurs, les atermoiements et les défaillances institutionnelles.
Face à cet événement que nul ne saurait balayer d’un revers de main, l’État congolais ne peut plus se réfugier derrière les arguties administratives ou l’indolence bureaucratique.
Une enquête rigoureuse, digne d’une nation responsable, doit être ouverte sans délai, non seulement pour déterminer les causes précises de cette conflagration, mais aussi pour mettre au jour les éventuelles négligences, compromissions, voire sabotages qui pourraient se dissimuler derrière cet incendie opportun.
Car au-delà des cendres de Katende, c’est la confiance du peuple qui s’effrite, c’est la promesse du développement qui vacille, et c’est l’avenir énergétique d’une région entière que l’on suspend à un fil.
L’histoire retiendra non pas l’incendie, mais la réaction ou l’absence de réaction de ceux qui avaient le devoir d’agir.
Vidram Mbuyi ✍️