La situation est restée particulièrement tendue ces dernières 48 heures à Mwenga-centre, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, après de violents affrontements ayant opposé les éléments de l’AFC/M23 aux groupes Wazalendo. Plusieurs boutiques et biens de la population ont été pillés par des hommes incontrôlés et d’autres pillards profitant du chaos.
Des sources locales signalent également l’occupation de Kulungutwe, un verrou stratégique des FARDC situé à environ 10 km de Kasika et près de 40 km de Mwenga-centre. Cette avancée a ravivé la peur jusqu’à Kamituga, où les activités socio-économiques se déroulent désormais au ralenti.
À Mwenga-centre comme à Kulungutwe, de nombreux habitants ont fui vers la brousse pour échapper aux combats. Dans la chefferie de Burinyi, des affrontements intenses sont également rapportés, avec un lourd bilan : trois civils tués par les éclats d’une bombe. Là aussi, un déplacement massif est en cours vers des villages jugés plus sûrs, notamment Birhala, Ciriri et Nirinja.
« Nous avons passé toute la nuit à courir dans la brousse avec nos enfants, laissant derrière nous nos maisons et nos biens. Je ne sais pas quand ni si nous pourrons revenir », raconte une habitante de Mwenga-centre, visiblement secouée par les événements. Un autre témoin, originaire de Kulungutwe, explique : « Les pillards sont partout, ils emportent tout sur leur passage. Nous vivons dans la peur constante et n’osons plus sortir de nos abris. »
Des habitants de Burinyi confient également leur détresse : « Chaque explosion nous fait sursauter. Nous ne savons plus à qui nous fier et où nous mettre en sécurité », déclare un jeune homme ayant fui vers Ciriri. Ces témoignages illustrent l’impact humain profond de ces affrontements sur la population locale, déjà fragilisée par l’insécurité chronique.
Un autre habitant de Kamituga ajoute : « Les magasins sont vides, il n’y a plus rien à acheter. Nous vivons dans l’angoisse permanente, et chaque bruit suspect nous fait craindre le pire. Nos familles ne dorment plus, et les enfants pleurent souvent la nuit. » Ces récits montrent combien la peur et l’incertitude s’installent durablement dans les foyers touchés par la violence.
La situation demeure hautement volatile, plongeant la population dans une profonde détresse.
La Paillote