« Celui qui sème le vent récolte la tempête »,Tribune de Richard Ilunga Muipatayi Haut cadre de l’UDPS/Tshisekedi, ministre honoraire.

Une dizaine des cinquante-six généraux militaires détenus à la prison de Ndolo sont actuellement jugés pour complot, trahison, propagation de faux bruits et détention illégale d’armes.

Un officier militaire n’est pas un acteur neutre dans les enjeux de la République. Il est le garant de la discipline, de la loyauté envers la Nation, de l’obéissance à la hiérarchie et du respect absolu du serment militaire.

Aujourd’hui, plusieurs officiers supérieurs cités dans des dossiers sensibles liés à la sécurité nationale sont appelés à répondre devant la justice. Cette situation n’est pas anodine. Elle révèle une crise profonde de discipline, de loyauté, d’infiltration et de responsabilité au sein de certaines sphères du commandement militaire.

Le cas du général Christian Tshiwewe Songesha apparaît aujourd’hui, aux yeux de certains observateurs, comme l’illustration d’une profonde ingratitude politique. Une situation que nous risquons malheureusement de revivre dans les prochains mois avec d’autres officiers cités dans cette affaire, notamment le général Frank Tumba Buamunda, ancien chef de la Maison militaire du Chef de l’État, et le général-major Christian Ndaywel Okura, ancien chef d’état-major général de la Force terrestre des FARDC, entre autres. Cette perspective interpelle la conscience collective nationale.

Le général Christian Tshiwewe Songesha a bénéficié de la pleine confiance du Président de la République, Félix Tshisekedi, en étant successivement élevé aux plus hautes fonctions militaires : commandant de la Garde républicaine, puis chef d’état-major général des FARDC. Aujourd’hui, il est appelé à répondre devant la justice pour des faits présumés particulièrement graves touchant à la sécurité nationale et susceptibles d’avoir porté atteinte aux intérêts supérieurs de l’État, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre la République démocratique du Congo et le Rwanda de Paul Kagame, ainsi que par les accusations et soupçons visant certains anciens responsables politiques et militaires, notamment Joseph Kabila et John Numbi.

Au-delà de sa qualité d’officier général, le général Christian Tshiwewe Songesha est également pasteur d’une église de réveil, se réclamant de valeurs de foi, de pardon et de discipline morale. En octobre 2022, il avait déclaré qu’il ne pouvait trahir ni son Dieu ni le Président de la République, affirmant devoir beaucoup à l’un comme à l’autre. Ces propos résonnent aujourd’hui de manière particulière au regard des controverses et des soupçons qui alimentent le débat public autour de son nom et de sa manière d’agir.

Selon certaines allégations largement relayées dans l’opinion, l’examen de ses communications téléphoniques soulèverait de nombreuses interrogations et nourrirait les inquiétudes de ceux qui suivent cette affaire. Toutefois, ces éléments relèvent, à ce stade, du débat public et devront être établis ou infirmés par la justice, dans le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence.

Face à ces dérives présumées, la justice doit accomplir son travail en toute indépendance, établir les responsabilités de chacun et sanctionner les coupables conformément à la loi. Il n’y a aucune raison de céder aux demandes de huis clos formulées par certains. Le peuple congolais a le droit de connaître toute la vérité sur des faits qui touchent directement à la sécurité nationale et à l’avenir de la République.

Notre pays doit être défendu par des officiers de valeur, des hommes et des femmes animés par le sens du devoir, de l’honneur et du patriotisme, et non par des intérêts individuels, des calculs politiques ou des ambitions personnelles.

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