L’Association Nationale des Victimes au Congo (ANVC) a publié un rapport détaillé sur les massacres et incursions attribués aux rebelles ADF/MTM, couvrant la période allant du 14 novembre 2014 au 31 mai 2026, dans les territoires de Beni, Lubero et la ville de Beni. Ce document publié samedi, met en lumière l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire qui continue de frapper l’Est de la RDC.
Selon l’ANVC, les massacres à grande échelle ont débuté en octobre et novembre 2014 dans le territoire de Beni avant de s’étendre progressivement vers plusieurs localités de Beni, Lubero ainsi que certaines zones de l’Ituri. Malgré les différentes opérations militaires menées par les FARDC, l’état de siège et les opérations conjointes FARDC-UPDF, les attaques contre les populations civiles se sont poursuivies au fil des années.
Le rapport rappelle que les violences se caractérisent par des massacres de civils, des enlèvements, des pillages, des incendies de villages ainsi que des déplacements forcés de populations.
Les territoires de Beni et Lubero demeurent les principaux épicentres des violences. Dans le territoire de Beni, les localités d’Oicha, Mbau, Eringeti, Kamango, Kainama, Mamove, Mantumbi, Mayangose et plusieurs autres villages figurent parmi les plus affectés.
Dans la ville de Beni, les quartiers de Rwangoma, Boikene, Mulekera, Ngadi, Kasabinyole et Beu ont également été régulièrement ciblés par les assaillants.
Le territoire de Lubero n’a pas été épargné. Les zones de Bapere, Manguredjipa, Mambimbi, Isigo, Kirumba, Kanyabayonga, Alimbongo et Musienene comptent parmi les localités les plus touchées par les incursions rebelles.
Entre 2014 et 2016, plusieurs centaines de civils ont été tués dans les secteurs de Mbau, Oicha, Eringeti et Rwangoma. Les années 2017 à 2019 ont été marquées par une expansion des attaques vers de nouvelles zones, accompagnée d’enlèvements et de destructions massives de biens.
De 2020 à 2023, malgré le renforcement des opérations militaires, les violences se sont intensifiées sur plusieurs axes stratégiques, notamment Oicha-Mbau-Kamango et Mamove-Eringeti. Les attaques ont ensuite gagné certaines zones du territoire de Lubero.
Pour la période allant de janvier à mai 2026, l’ANVC signale plusieurs incursions meurtrières, notamment dans les localités de Mambimbi, Isigo, Vemba, Katota et Masulukwede.
12 000 civils tués ;
Plus de 2 500 blessés ;
Plus de 3 000 personnes disparues ;
Plusieurs milliers de personnes enlevées ;
Des centaines de villages attaqués ou incendiés ;
Des centaines de milliers de déplacés internes.
Ces chiffres traduisent l’ampleur de la crise qui continue d’affecter les populations du Nord-Kivu.
Des conséquences humaines, économiques et sociales profondes.
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