La ménopause politique et la fin du cycle des cadres du PPRD

Tribune de Richard Ilunga Muipatayi
Haut cadre de l’UDPS/Tshisekedi
Ministre provincial honoraire

Dans la vie, chaque chose a son temps. Il y a un temps pour semer et un temps pour récolter.

Après les trente-deux années du régime de Mobutu Sese Seko et le passage éphémère à la tête du pays de Laurent-Désiré Kabila, le peuple congolais aspirait à un changement radical ainsi qu’à de meilleures conditions de vie. À cette époque, pratiquement tout successeur disposait d’un boulevard politique pour redresser le pays et susciter l’espoir.

Malheureusement, après dix-huit années de règne, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), avec ses cadres en tête et son principal dirigeant Joseph Kabila, a échoué à conduire le pays vers l’émergence, le développement, la croissance économique et le bien-être social tant attendus par la population.

Ce parti, se réclamant de la gauche en raison de son appartenance à Internationale socialiste, a dirigé le pays pendant dix-huit ans d’une main de fer. Pourtant, malgré cette longue gestion, il n’a pas su apporter des solutions durables aux nombreux problèmes auxquels la population congolaise était confrontée, laissant plutôt l’image d’un État marqué par la corruption, la mauvaise gouvernance, les dérives autoritaires et la répression des citoyens.

Sur les plans économique, social et du développement, de nombreux projets initiés et financés n’ont jamais produit les résultats escomptés. Le projet agro-pastoral de Bukanga-Lonzo est ainsi devenu, pour beaucoup, le symbole de la mauvaise gouvernance sous l’impulsion de Matata Ponyo Mapon, présenté à l’époque comme un modèle de gestion économique. Même lorsque certains projets ont été réalisés, ils l’ont souvent été avec des surcoûts jugés exorbitants, alimentant les soupçons d’enrichissement illicite de certains acteurs du régime. L’aéroport international de N’djili, l’immeuble Intelligent et le boulevard du 30 Juin, entre autres, illustrent cette gestion controversée des deniers publics.

Pendant que le peuple continuait à souffrir de la pauvreté, du chômage, de l’insécurité et du manque de services sociaux de base, certains cadres du régime semblaient davantage préoccupés par leurs intérêts personnels que par le bien-être collectif, notamment à travers la création abusive d’entreprises privées au détriment de l’intérêt général, comme dans le cas emblématique de l’ONATRA.

Aujourd’hui, ce parti politique peine à convaincre l’opinion publique et ne semble plus disposer de l’autorité morale nécessaire pour donner des leçons de gouvernance ou de patriotisme. Le peuple congolais, plus conscient et plus exigeant qu’hier, attend désormais des dirigeants capables d’incarner la responsabilité, la transparence, la compétence et une véritable vision pour l’avenir du pays.

Au-delà de la mauvaise gestion, ce parti et une grande partie de ses dirigeants sont également accusés d’avoir contribué à la spoliation des richesses nationales au profit de puissances étrangères et régionales, notamment le Rwanda et l’Ouganda, au détriment des intérêts du peuple congolais et de la souveraineté nationale.

Le paradoxe aujourd’hui est que ces dames et sieurs, désormais dépassés politiquement, cherchent par tous les moyens à revenir au pouvoir et à entraver l’action gouvernementale actuelle, estimant que sa réussite pourrait signer leur disparition politique. En 2023, se sachant impopulaires et mal perçus par une grande partie de la population, ils ont refusé de participer aux différentes élections. Dans la foulée, certains observateurs les ont accusés d’avoir encouragé ou soutenu une rébellion destinée à déstabiliser le pays. Encore aujourd’hui, ils tenteraient de revenir sur la scène politique par des moyens détournés.

Sans polémique ni esprit de revanche, laissons le président Félix Tshisekedi et son gouvernement accomplir la mission pour laquelle ils ont été investis par le peuple congolais. L’heure est désormais au travail, à la reconstruction nationale et à la consolidation des acquis démocratiques. Le peuple a tourné une page de son histoire et aspire résolument à avancer.

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