Tribune de
Richard Ilunga Muipatayi
Haut cadre de l’UDPS/Tshisekedi
Ancien ministre provincial
Vox populi, vox Dei : la voix du peuple est la voix de Dieu.
Le débat sur le changement de la Constitution s’impose désormais comme une réalité incontournable du paysage politique national. Loin de s’essouffler, il gagne en intensité, révélant à la fois les aspirations profondes du peuple congolais et les limites d’une opposition en perte de repères.
Après la qualification des Léopards à la Coupe du monde 2026, une partie du peuple congolais avait déjà exprimé son désir de voir évoluer la Constitution afin de permettre au Chef de l’État de briguer un troisième mandat. Dans le même élan, la marche organisée le 4 mai 2026 par l’UDPS et ses alliés pour saluer les sanctions américaines infligées à Joseph Kabila a constitué, au-delà de son objet immédiat, un véritable plébiscite populaire en faveur de la gouvernance actuelle.
Elle apparaît également comme un échantillon significatif de l’adhésion croissante d’une frange importante de la population à l’idée d’un changement de la Constitution, renforcée par diverses pétitions et appels lancés au Chef de l’État par plusieurs personnalités, parmi lesquelles le très célèbre ancien ministre des Affaires étrangères et actuel député national, Léonard She Okitundu, homme ayant longtemps vécu dans les arcanes du pouvoir kabiliste, ainsi que par des organisations politiques et des structures citoyennes.
Ces différentes manifestations populaires ont été entendues par le Président de la République, Félix Tshisekedi, qui a déclaré lors de son point de presse du mercredi 6 mai 2026, devant un parterre de journalistes :
« Je ne suis pas demandeur d’un troisième mandat, mais si le peuple congolais me le demande pour le bien commun et la continuité de l’État, je dirai alors oui. »
Avant d’ajouter, au sujet du changement de la Constitution :
« Il y a une différence entre un homme politique et un homme d’État. Le premier pense à la prochaine élection, tandis que le second réfléchit à l’avenir de la nation et aux futures générations. Moi, la responsabilité que les Congolais m’ont confiée ne consiste pas seulement à agir durant mes mandats ; elle implique également de penser aux générations futures, même lorsque je ne serai plus là. Je travaillerai aussi pour mon successeur. »
Face à cette voie désormais clairement tracée, les voix hostiles à cette perspective peinent à convaincre. Le discours de l’opposition manque de cohérence, sa stratégie demeure floue et sa capacité de mobilisation citoyenne s’amenuise de jour en jour. Sa posture apparaît davantage défensive que propositionnelle, souvent confuse et rarement en phase avec les dynamiques sociales du moment.
Ainsi, nous attendons de pied ferme l’organisation d’un référendum afin de départager les deux camps. La démocratie l’exige.