Dans la nuit du 22 au 23 novembre, vers 1 heure du matin, un incendie d’une rare intensité a ravagé plus de vingt maisons sur l’avenue Bizimana, dans le quartier Panzi, commune d’Ibanda. Des familles entières se sont retrouvées sans abri en quelques minutes, dans une scène de chaos, de pleurs et de détresse.
Selon les habitants, tout s’est déroulé très vite. Les flammes ont rapidement transformé ce coin habituellement calme d’Ibanda en un amas de décombres fumants. « On a tout perdu, même nos papiers et nos vêtements », témoigne Mama Furaha, encore enroulée dans une couverture prêtée par des voisins.
Alertés par les premières lueurs, les jeunes du quartier ont tenté de contenir l’incendie. Munis de seaux, de sable et d’un courage impressionnant, ils se sont opposés aux flammes, sans parvenir à les maîtriser. Deux d’entre eux ont été grièvement blessés alors qu’ils essayaient d’arrêter la propagation du feu. « On ne pouvait pas rester les bras croisés. C’était notre devoir d’aider », confie Junior, la main bandée, les yeux irrités par la fumée.
Alors que les tôles se déformaient sous la chaleur et que les murs cédaient, les familles tentaient désespérément de récupérer quelques biens. Beaucoup sont restées les mains vides. Des enfants en pyjama, choqués, observaient impuissants la destruction de leurs foyers. « J’ai vu ma maison disparaître en quelques secondes… C’était comme un cauchemar éveillé », raconte Déo, père de quatre enfants, visiblement anéanti.
Si les causes exactes de l’incendie restent à déterminer, plusieurs habitants évoquent une probable défaillance électrique. Des câbles installés sans normes ou des installations solaires improvisées sont pointés du doigt par les riverains. « On signale ce problème depuis des mois, mais personne n’est jamais venu vérifier », déplore un voisin, dénonçant une négligence persistante et l’absence de contrôle technique dans un quartier déjà fragile.
Au lendemain du drame, les sinistrés appellent à la solidarité. Beaucoup n’ont plus rien et manquent de tout : abris, nourriture, vêtements, soins. « Nous ne voulons pas tendre la main éternellement. Nous voulons juste une chance de nous relever », explique Grâce, mère célibataire dont la maison a été entièrement consumée.
Alors que les premières évaluations commencent, la commune d’Ibanda fait face à une urgence humanitaire d’ampleur. La population attend une réaction rapide des autorités provinciales et des élus locaux. Si les flammes se sont éteintes, la douleur, elle, demeure vive. Et dans ce quartier meurtri, une chose est claire : sans un élan d’entraide, Panzi aura du mal à se reconstruire.